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24 augustus Fin Iran, pakistan, arrivee en IndeJuillet 2006, la météo se joue de nous !
Le 29 juin, nous nous sommes rendus à Bam, ville du désert, en espérant que le tremblement de terre de 2003 n’ait pas trop endommagé la vieille cité en terre cuite dont les photos du guide nous faisaient rêver ! Nous étions loin d’imaginer l’ampleur du désastre, la ville ancienne et moderne a été complètement dévastée. Ce sont encore des containers qui tiennent lieu de boutiques et la vieille cité n’est plus qu’un champ de ruines ! Seuls les magnifiques palmeraies ont résisté aux secousses ! Le 30, nous prenons la route pour Zehidane, dans le désert du Baloutchistan, côté iranien où nous nous arrêtons pour manger le midi. On ne se sent déjà plus en Iran, les habitants sont vêtus de la tenue pakistanaise (pantalon et chemise large, et des chapeaux baloutches très colorés !), mais ce qui choque le plus, c’est qu’il n’y a aucune femme dans les rues ! Nous sommes escortés par la police pour les 80 derniers kilomètres qui nous séparent de la frontière mais ils ne veulent pas que l’on aille dormir au village à côté, nous sommes donc obligés de rentrer dans l’enclave du poste frontière, où nous nous installons pour la nuit avec les camionneurs. Nous n’avons jamais eu aussi chaud. Quand nous roulons avec la clim, nous arrivons à avoir 42°, mais dès que nous nous arrêtons, nous étouffons ! Il fait 47° après le coucher du soleil, toute la chaleur accumulée remonte, c’est horrible. Le matin, levés dès 6h, nous allons à la station pour faire le plein (nous avions rempli auparavant nos 80 litres de bidons), mais ils refusent de nous servir au prix normal, les camionneurs se faisant servir avec des bons…Nous décidons de squatter et au bout de deux heures ils craquent et nous donnent 40 litres, ne voulant même plus d’argent (nous les payons quand même mais au prix normal !). Nous pouvons enfin passer la frontière, très vite expédié côté iranien, par contre nous sommes invités à prendre le thé côté pakistanais où nous réglons la montre avec 1h30 de plus (nous avons maintenant trois heures d’écart avec la France)…Je me fais un plaisir d’enlever mon foulard qui me tient tellement chaud mais nous regrettons de quitter ce pays qui nous laisse un souvenir merveilleux. Les six semaines que nous avons passées en Iran nous ont permis de découvrir un peuple vraiment chaleureux, des paysages variés et magnifiques, une histoire culturelle très riche avec des sites extraordinaires à visiter. Du coup, au Pakistan, nous nous rendons compte combien la femme est absente de la vie sociale, on n’en voit pas dans les rues, ou alors avec la burka ou complètement voilées…En Iran, nous avons toujours eu ce sentiment très familial, les femmes nous ont toujours adressé la parole, elles ont une vie sociale, les maisons de thé accueillent les familles, alors qu’au Pakistan, c’est une société d’hommes ! Les regards ne sont plus les mêmes, on sent que la vie est plus dure, nous en ressentons d’autant plus la nostalgie de l’Iran… Après les 300 kms du désert iranien, ce sont 600 kms du Baloutchistan pakistanais qui nous attendent avant Quetta, la première grande ville. Nous les faisons en deux jours. Le premier soir, nous nous arrêtons à Dalbandir, au milieu du désert, dans un caravansérail des douanes. Globule s’ensable, et il faut la pelle et l’aide des douaniers pour le pousser sur un terrain plus ferme ! Il fait 47° au début de la nuit, et quand ils nous offrent à manger, nous apprécions leur ventilateur… Le lendemain, nous reprenons la route de bonne heure, à la fraîche, en nous protégeant au max de la chaleur ( isolation des vitres) et en faisant le plein de bouteilles d’eau. Au milieu du désert, nous croisons une famille française en 4x4 (de retour après un an de voyage) nous prenons le temps de papoter, mais la chaleur et la route qui nous attend écourte le plaisir que nous prenons à échanger nos expériences… Nous arrivons à Quetta à 18h, il fait frais : 36° ! Nous bivouaquons sur le parking d’un hôtel où nous rencontrons Georges, un cycliste suisse de 62 ans, très attachant, avec qui nous passerons deux excellentes soirées dans notre camping-car (c’est l’avantage, nous pouvons recevoir), il nous fera découvrir son expérience du vélo… Avec Quetta, nous faisons connaissance avec le Pakistan et le contraste avec l’Iran paraît d’autant plus fort. La ville grouille de monde (surtout des hommes), de véhicules de tout genre (charrettes à cheval et à chameau, vélos, bus, voitures, rickshaws) ; la poussière, la crasse et l’odeur pestilentielle des égouts nous surprennent, les mendiants et les éclopés en tout genre sont nombreux…Bien que connaissant l’Inde ( où l’on retrouve certains aspects communs), nous avons été surpris par le changement avec l’Iran . La nourriture est également complètement différente, elle est très épicée et surtout très pimentée. Pour Zoé, c’était difficile, quand nous nous arrêtions dans les gargottes, elle ne pouvait pas manger, maintenant elle goûte souvent aux plats et s’habitue progressivement aux différentes saveurs ! Le 4 juillet, nous reprenons la route en traversant de nouveau un désert, ou bien sûr nous avons à nouveau très chaud. Nous passons une très mauvaise nuit dans une station service, où il fait à nouveau 47° sans un souffle d’air, Zoé attrape des plaques entières de boutons pendant la nuit, dues à la chaleur ! ( ce qu’on appelle la « bourbouille ») Le 5, nous sommes levés très tôt pour fuir le plus possible la chaleur. Nous nous arrêtons le soir à Multan, ou, en arrivant nous sommes pris par une tempête de sable, le ciel s’obscurci en un instant et nous plonge dans le noir, des tourbillons soulèvent poussières et déchets divers. Nous dormirons dans un parc à proximité d’une grande mosquée, qu’un pakistanais prendra plaisir à nous faire visiter. Le lendemain, nous roulons également toute la journée, avec une portion d’autoroute que Michel apprécie (la conduite au Pakistan est très fatigante !), nous dormons sur une superbe aire d’autoroute (on ne se croirait pas au Pakistan !), où nous passons une bonne nuit pas trop chaude… Le 7, nous arrivons au Tourist Camp d’Islamabad, il ne fait que 38° mais une humidité qui nous fait transpirer en permanence, décidemment, dur-dur d’avoir les conditions météos idéales! Nous restons deux jours pour nous poser un peu, faire des emplettes, la lessive, bricolage… Le 9, nous fuyons à nouveau la chaleur en prenant la route de la montagne, la fameuse KKH (Karakoram Hightway) qui relie le Pakistan à la Chine. Nous trouvons enfin la fraîcheur le soir, à 28° ! Nous nous arrêtons sur le parking d’un motel, où nous trouverons quelqu’un qui acceptera de nous accueillir dans sa chambre pour regarder la finale de coupe du monde ! Pour nous le match commence à 11h du soir, et c’est bien déçu que nous nous coucherons à 2h du matin ! Il y avait une quinzaine de pakistanais qui regardaient avec nous, en majorité suporters de l’Italie, ils ont même parié de l’argent à un moment donné , c’était bien sympa ! Nous restons sur la KKH jusqu’au 18 juillet. Nous ne sommes pas allés jusqu’à la frontière chinoise car le temps nous manquait, mais la Honza Valley, 150 kms avant nous a emballés. Les paysages verdoyants, les sommets enneigés, les abricots qui sèchent au soleil, les habitants moins taciturnes, les femmes que l’on voit enfin, tout nous aurait bien tenté pour prolonger notre séjour, il faudrait passer au moins un mois rien que sur la KKH. En cours de route, nous avons rencontré Etienne, cycliste sud-africain, que nous avons hébergé une nuit dans Globule et avec qui nous avons passé un bon moment. A Aliabad, là où nous avons fait demi-tour, nous avons eu froid pendant la nuit avec seulement 22° et les couettes bien rangées ! Mais nous ne nous en sommes pas plaint !
Sur le retour, nous avons fait une étape dans la même station service qu’à l’aller, avec un accueil très chaleureux. Alors que Michel discutait avec les hommes, j’ai été invitée à rentrer dans la maison attenante à la station pour rencontrer les femmes. Après avoir eu droit à une démonstration de danse indienne par les plus jeunes, je leur ai proposé de visiter Globule, mais là gros problème, il y avait 10 mètres à faire pour traverser la station et le père de famille m’a expliqué que cela était impossible. Il a donc fallu garer Globule juste devant la porte pour qu’elles puissent s’y engouffrer sans être vues !!! Avant d’arriver à Islamabad, nous prenons une route différente : Zoé est bien déçue de ne pas voir de singes car Etienne nous avait montré les photos ! Le 17 au soir, nous retrouvons le tourist camp : il y fait moins chaud mais toujours aussi humide ! Nous faisons nos courses le mardi matin pour reprendre la route en fin d’après-midi, car nous connaissons la super aire d’autoroute, tranquille et à bonne température où nous passerons une excellente nuit. Arrivés à Lahore, nous nous installons gratuitement sur le parking du Pearl Continental Hotel et nous profiterons de la galerie marchande climatisée pour aller régulièrement se rafraîchir, tant nous transpirons ! Nous allons visiter le fort de Lahore (un énorme bâtiment à l’intérieur duquel se trouvent d’anciens palais) et une des plus grande mosquée au monde : la mosquée Badshahi, elle est très belle, mais quand on a vu les mosquées d’Iran, elle paraît un peu fade. Nous avions promis à Zoé une visite au zoo, mais en arrivant sur place, nous avons constaté qu’une fois de plus nous avions un prix « touriste » exorbitant (30 fois plus chers que pour les pakistanais) ; alors que nous avions pu négocier au fort ( 1 billet pour 3), ici rien à faire, ne voulant pas cautionner cette pratique, nous sommes repartis, Zoé très déçue s’est vite consolée en observant un bon moment les crocodiles à travers la grille ! Ils n’ont déjà pas beaucoup de touristes au Pakistan, ce n’est pas avec ces pratiques qu’ils vont les attirer ! En Iran, où ils avaient commencé à mettre en place ce système, ils sont revenus en arrière et nous avons toujours payé le même prix que les autochtones, mais en Inde, cela sera le même problème avec en plus une taxe pour les appareils photos et cameras !!Bonjour le porte monnaie… Le 21, après un bon lessivage de Globule, direction la frontière, une fois en Inde nous restons pour assister au spectacle de la cérémonie de fermeture qui a lieu tous les jours au coucher du soleil. C’est vraiment hallucinant ! Des cars entiers viennent pour assister à ce spectacle, sur des gradins, les hommes s’installent d’un côté et les femmes de l’autre, les touristes sont installés dans le coin VIP. De chaque côté de la frontière, le spectacle est le même, il y a de la musique, les soldats puis des personnes de la foule portent le drapeau , les soldats hommes et femmes se mettent à danser, c’est la première fois que nous pouvons prendre des photos à un poste frontière ! Pendant une bonne heure, dans une ambiance délirante, tout le monde s’agite, puis c’est la cérémonie officielle avec des douaniers qui à un pas cadencé, très risibles et avec un levé de jambe digne des danseuses de french cancan, vont baisser les drapeaux de part et d’autre…Et dire qu’ils font ça tous les jours ! Zoé est enchanté d’assister à ce spectacle armée du drapeau indien. Nous dormons à la frontière pour bivouaquer le samedi dans le jardin d’une Guesthouse à Amristar (nous n’avons qu’une vingtaine de kms à faire …) équipée d’une piscine !! Nous nous laissons tenter par deux jours de détente au grand plaisir de Zoé, où nous prenons quand même le temps de revoir le Temple d’Or, monument sacré pour les Sikhs (une des nombreuses religions d’Inde). C’est également l’occasion de rencontrer Gérard et Marie, un couple Franco-Ivoirien, avec qui nous passons de bons moments à discuter, autour entre autre d’un bon plat de pâtes ! Ils nous donnent de précieux conseils en informatique mais nous donnent surtout envie de découvrir le continent africain. C’est pourquoi nous reprenons la route le lundi 24, afin d’être à Delhi le plus tôt possible pour entreprendre nos démarches pour la suite du voyage. Nous arrivons le 26, avec la mousson qui ne nous quittera pas de la semaine…Nous marchons parfois les pieds dans l’eau, tellement c’est inondé, et dans Globule, tout est humide, les mauvaises odeurs commencent à se faire sentir, c’est très désagréable, mais le seul avantage c’est que nous ne souffrons pas de la chaleur ! Nous passons la semaine à faire des courses, commencer nos démarches (nous attendons un devis pour le bateau), chercher difficilement un Fiat service (immeuble écroulé, déménagement, les 4 mentionnés sur la revue techniques sont introuvables…), bref nous voilà le samedi 29, le soleil brille, ce qui nous permet de faire la lessive et le ménage pour assainir Globule avant l’arrivée de Laura, Mathieu, et la famille Bord ! Zoé frémit d’impatience (nous aussi) et fignole les dernières décos avant d’aller faire un petit dodo, car nous ne la réveillerons qu’à l’arrivée de l’avion, à minuit ! Ce n’est qu’à à 1h du mat que nous avons le plaisir de les embrasser car l’avion a un peu de retard, et c’est tout excité que nous les accompagnons à leur hôtel de Delhi, face au parking où nous pouvons rester la nuit. Ce sera notre voyage commun que nous vous raconterons la prochaine fois…Sachant que tous les vacanciers de juillet et août auront sûrement plein de choses à nous raconter à leur tour… |
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