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    11 februari

    Route du retour

     

    A Delhi, nous nous sommes rendu compte que nous rattrapions l’hiver à grands pas (des articles de journaux annonçaient des températures très basses pour la saison), nous avons du remettre les polaires dans la journée …

      De retour au Pakistan, à Islamabad, nous avons eu de belles journées ensoleillées où nous pouvions manger dehors mais des nuits très froides ! Nous avons retrouvé avec plaisir Lolo et Mouna au tourist-camp ainsi que deux autres couples allemands et hollandais.  

    Le samedi matin, nous nous sommes rendus à l’ambassade d’Iran pour faire nos visas. Le monsieur qui nous a reçu nous a questionné sur nos impressions avant et  après notre visite en Iran et nous a proposé de réaliser le lundi suivant une interview filmée. Nous profitons du samedi et du dimanche pour faire la lessive, les courses et manger de bons petits plats au resto avec Lolo et Mouna…

    Ce n’est finalement que le mardi matin que nous devons nous rendre à l’ambassade où nous sommes filmés pendant que nous répondons à plusieurs questions afin de vanter les mérites du pays…C’est un exercice difficile, d’autant plus que nous ne savons pas comment seront traitées les images, mais l’avantage c’est que nous repartons le jour même avec nos visas alors que nous pensions au départ en avoir pour une dizaine de jours !

      Nous reprenons donc la route l’après-midi, le 16 janvier et dormons sur une aire d’autoroute qui relie Islamabad à Lahore.

    Le jeudi, nous rencontrons un couple de cyclistes suisses, Aurèle et Lorraine avec qui nous partageons un café puis le repas de midi. Après cet échange très agréable nous repartons pour nous retrouver bloqués par la police quelques kilomètres plus loin. Nous arrivons à comprendre non sans mal qu’il y aurait eu une bombe à D.G.Khan, la ville voisine et que les étrangers ne sont pas autorisés à prendre cette route, il faut revenir 30 Kms en arrière pour passer par le sud. Nous retrouvons nos deux cyclistes, les informons de la situation et retournons discuter avec les policiers qui refusent de nous laisser passer mais acceptent que nous dormions dans la station service la plus proche, pour éviter de rouler de nuit. Nous passons une excellente soirée à discuter autour d’un plat de pâtes et Lorraine et Aurèle sont tout contents de tester une nuit en camping-car !

      Le lendemain, plus de barrage policier, nous pouvons donc reprendre notre route avec nos deux cyclistes qui renoncent à prendre la très belle route de montagne. Après le repas de midi, nous constatons que le pneu arrière gauche est à plat : c’est notre première crevaison !

    Nous trouvons une station de gonflage à proximité pour regonfler le pneu après l’utilisation du kit de réparation spécial pour tubeless (génial).

    Après une deuxième nuit dans Globule, c’est avec beaucoup d’émotion que nous quittons nos deux sportifs avec qui nous avons partagé de très bons moments.

      Le dimanche 21 janvier, nous arrivons à Quetta, à 1700 mètres d’altitude, il fait froid (0° le matin dans Globule). Nous faisons le marché escorté par un policier qui prend grand soin de nous traduire les prix et de nous signaler s’ils sont trop hauts…

    Le lundi, nous arrivons à Dalbandine, au milieu du désert du Baloutchistan où nous avions eu 48° degrés à 20 h en juillet : il ne fait plus que 15° à la même heure ! Nous mangeons encore un excellent repas offert par les douaniers.

      Le 23 nous sommes à la frontière iranienne, il m’est moins pénible de remettre le foulard car il fait moins chaud. Nous renouons avec la gentillesse iranienne, plusieurs personnes nous offrent du pain alors que nous cherchions simplement où en acheter…Nous rencontrons à nouveau trois cyclistes (suisse, allemand, hollandais) en sens inverse qui prennent le temps de boire un café dans globule.

    Le lendemain, nous visitons Rayen, une citadelle en terre comme celle de Bam (détruite par le tremblement de terre), c’est très joli, d’autant plus qu’il y a un grand soleil et de la neige !

      Le soir même nous faisons étape à Bam où il nous semble que plusieurs bâtiments ont été reconstruits depuis six mois !

    Après une journée passée à Yazd où nous avons l’occasion de manger du chameau (très bon), nous roulons jusqu’à Qom. Nous assistons à un défilé d’hommes vêtus de noir qui se flagellent le dos(pas trop fort…) au son des tambours, suivis par le groupe des enfants puis celui des femmes. Nous apprendrons le lendemain qu’il s’agit  de la journée de deuil de l’Imam Hussein (très important chez les musulmans chiites).

      Sur la route nous interceptons une voiture remplie de bouteilles de gaz car la nôtre est vide. Les passagers nous emmènent jusqu’à leur maison où nous sommes reçus comme des rois. Malheureusement nous n’avons pas le temps de nous attarder, nous repartons donc non sans mal (ils veulent nous garder pour la nuit), mais avec une bouteille de gaz pleine, un gros sac de raisins secs et de noix, de la soupe pour deux jours et tout cela offert de très bon cœur par nos hôtes : c’est ça l’Iran…

      Quand nous arrivons à Tabriz le mardi, c’est encore jour férié, de nombreux iraniens circulent dans la rue pour des défilés au son des tambours ou pour des prières devant les mosquées. Tout est fermé, aucun resto d’ouvert, mais là encore les iraniens sont merveilleux. On nous offre un sandwich puis on nous emmène dans une petite maison de thé invisible de la rue, où de nombreux messieurs fument la pipe à eau, nous offrent le thé, des dattes et même un repas complet de riz et de poulet, tout cela à la chaleur d’un bon poêle et dans une atmosphère très chaleureuse : magique !

      Mercredi 31 janvier, nous sommes à la montagne, il neige, le blizzard glacial souffle. Nous faisons nos dernières courses et notre dernier repas iranien à Maku un peu avant la frontière.

    Côté iranien, c’est la première fois, depuis notre départ, que l’on nous demande directement un bakchich que nous refusons, sans autre suite. Côté turc, nous avons un problème car la date sur notre assurance carte verte n’est plus bonne et bien sûr nous n’avons pas la nouvelle. Nous leur expliquons la raison, ils nous proposent une assurance à 100 $, nous font comprendre qu un bakchich serait le bienvenue, finalement ils se décident à téléphoner au numéro de l’assurance sur Istanbul et ont confirmation que nous sommes en règle. Apparemment déçu de ne pas avoir de bakchich, le douanier nous informe que le véhicule va être « checké »….nous ne faisons pas les fiers car nous avons 180 litres de gasoil iranien répartis dans plusieurs bidons. De là il monte dans Globule et nous fait avancer jusqu’au poste de contrôle et pendant qu’il se rend dans les bureaux nous pouvons observer à loisir un camion en train de se faire désosser et un chien qui renifle tous les sacs : ça promet ! Sur ce notre douanier revient, monte dans le camion sans un mot et nous reconduit à la case départ…et revient au bout de 5 mns avec les passeports et le carnet de passage en nous disant d’un air très renfrogné de partir ! Comme nous n’avons pas la conscience tranquille avec nos bidons et pour payer la communication téléphonique, nous lui laissons un billet qu’il reçoit avec mépris quand il voit le montant (c’est vrai que ce n’était que 5$)…Il a vraiment été désagréable jusqu’au bout et c’est la première fois que nous avons un passage frontière qui se passe dans ces conditions car nous avons quand même eu chaud… pas pour longtemps car tout ce micmac nous a mis bien en retard. Nous faisons les 35 Kms désertiques qui nous séparent de Dogayarbazit  (la première ville turque) très lentement car la route est couverte de neige gelée et il commence à faire nuit.

      Nous nous arrêtons sur le premier parking que nous trouvons, devant un restaurant. Le blizzard souffle mais nous coupons le chauffage comme tous les soirs (il ne tient toujours pas le ralenti). Dans la nuit, Michel tente de le rallumer en vain car tout est gelé : l’eau et le gaz !!! Nous attendons donc les premiers rayons du soleil blottis sous la couette et sommes tout heureux quand le chauffage repart car il fait 8° en dessous de 0 dans Globule .

      A 11 heures du matin, il fait meilleur à l’intérieur mais seulement moins 10 à l’extérieur et quand Michel tente de démarrer, Globule ne veut rien savoir ! Nous faisons donc appel à un meccano et diagnostic : même le gasoil est gelé (il fait des paillettes) car en Iran il n’est pas traité pour le froid. Après nettoyage de la pompe, vidange et réchauffage du gasoil, nous pouvons reprendre la route mais à 16 heures il fait déjà nuit, nous ne faisons donc que 100 Kms et dormons à Agri, dans une station service en essayant de se protéger au maximum du froid (on met une bâche sur Globule). Nous rajoutons du gasoil turc dans le réservoir et du produit antigel Il fait très froid, la neige est gelée, c’est d’ailleurs une vrai patinoire dans la ville et nous apprendrons par les gens de la station qu’il a fait moins 28° dans la nuit : tout est encore bien gelé dans Globule mais le chauffage arrive à fonctionner : ouf. Nous n’avons qu’une hâte, nous éloigner le plus possible de cette région très inhospitalière !

      Le lendemain, Globule démarre bien mais tombe en rade une cinquantaine de Kms plus loin : quelle poisse. Heureusement, nous avons la chance d’être dans une station service perdu au milieu de nulle part, ce qui nous permet d’une part de nous réchauffer devant le poêle et d’autre part de pouvoir téléphoner à un fiat service. Nos dépanneurs arrivent en fin d’après-midi et nous ramènent en nous remorquant jusqu’à Agri. Nous décidons de passer une nuit très confortable à l’hôtel avec au programme un bon bain chaud, tandis que globule se fait chouchouter au garage (vidange, changement des filtres…)

      Quand nous reprenons la route le samedi en fin de matinée, nous espérons rouler le plus loin possible mais nous retombons en panne exactement au même endroit que la veille, devant la station service !!! Nos dépanneurs reviennent à nouveau, décrassent le régulateur et nous voilà repartis pour nous arrêter à la nuit tombante, 100 Kms plus loin, à Erzurum. Nous avions vu à la météo que c’était la ville la plus froide, aussi nous dormons bien à l’abri d’un grand magasin, nous pensons qu’à cette allure nous ne sommes pas prêts de rentrer en France.

      Dimanche matin, juste à la sortie de la ville, nous sommes de nouveau en panne, mais là aussi nous avons de la chance car 100 mètres plus loin, il y a un Fiat service (que nous avions repéré la veille) et en plus ouvert le dimanche. Donc à nouveau changement du filtre à gasoil, vidange du réservoir, nettoyage de la pompe et cette fois nous faisons le plein avec du bon gasoil turc très très cher. A midi, les meccanos nous invitent à manger dans leur cantine puis nous remontons dans Globule en espérant que cette fois tout ira bien. Mais quand Michel met le contact, il se rend compte que la jauge d’essence est à moitié pleine : en fait ils avaient oublier de remettre une durite, résultat des courses nous devons repasser à la pompe et à nos frais bien sûr : grr …Nous voilà donc repartis pour 150 Kms plus loin, à Erzincan, sans autre problème et surtout avec des températures beaucoup plus clémentes, les tuyaux d’eau dégèlent enfin, on se sent mieux pour passer la nuit.

      Le lundi, incroyable nous arrivons à faire 400 Kms mais tout de même avec des cols à plus de 2000 et encore beaucoup de neige. Nous arrivons à Istanbul le lendemain, nous avons traversé la Turquie quasiment tout le temps avec des paysages enneigés car c’est seulement à 200 kms d’Istambul que nous retrouvons la verdure! Nous retrouvons la famille rencontrée lors de notre premier passage et Zoé est toute contente de s’amuser avec les enfants, nous prenons également plaisir à refaire un petit tour dans la ville.

      Le jeudi 8 nous nous retrouvons en Grèce et nous nous arrêtons à Kavala où nous passons dire un petit bonjour à Makis, puis nous réservons le ferry pour traverser de la côte ouest en Grèce jusqu’à Brindisi en Italie, ce qui nous évitera la remontée par l’ex-Yougoslavie.

      Il fait un temps superbe, nous sommes en t-shirt la journée, nous avons même vu une femme se baigner dans la mer, nous avons du mal à croire qu’il y a moins d’une semaine nous étions dans le froid et la neige, du coup nous faisons plusieurs haltes au bord de la plage pour savourer ce printemps avant l’heure ! 

     
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